Ce solo met en scène le corps en résistance et s’impose comme un rituel contre l’impuissance. Un acte obligé face à la brutalité de notre monde. Inattendue et déconcertante, V. Pitrinaite relie l’expérience collective à l’expérience individuelle et corporelle de la résistance. La dimension collective est véhiculée grâce au paysage sonore forgé par la voix solitaire de la danseuse démultipliée tel un microphone humain utilisé dans des contextes de l’inquiétude collective. Mu par des voix indignées qui s’élèvent une à une, un chant polyphonique de résistance lituanienne « Les Frères de la forêt » envahit l’espace et exacerbe la force individuelle d’une femme.
« (…) Des échos d’événements récents et de troubles sont subtilement inclus (et précisément à cause de cette subtilité, ils sont particulièrement efficaces) créant une expérience de fusion parole-mouvement incroyablement immersive. » Aistė Šivytė, « Se rebeller en dansant ».

« (…) Du son au mouvement, jusqu’au travail de respiration, Vilma Pitrinaite aborde son œuvre avec une férocité difficile à retranscrire par des médiums qui ne sont pas aussi tangibles que le corps. Sa chorégraphie est captivante, frappant et se projetant vers elle-même en cycles infatigables qui donnent le vertige jusque dans le public (…) Ceci dit, pour un spectacle d’une demi-heure, Pitrinaite accomplit davantage que beaucoup d’autres œuvres que j’ai vues jusqu’à présent au Fringe ; une pièce pour une époque où le langage semble stérile, ce travail touche à la conquête émotionnelle que l’homme entreprend contre ses propres sentiments de doute et d’impuissance, et pour cette seule raison, je la recommanderais à tout spectateur du Fringe. » Critique de Marina Funcasta, texte intégral ici
« Le solo comme un acte de contestation et de révolte. Un acte obligé face à la brutalité de notre monde. Mus par des voix indignées qui s’élèvent une à une, les mouvements brisés se transforment en un rituel contre l’impuissance. La polyphonie envahit l’espace. Un chant de résistance lituanien résonne. Les voix du collectif exacerbent la force individuelle de la danseuse qui, sans relâche, se dresse et se déploie avec force et obstination. Inattendue et déconcertante, Vilma Pitrinaitė use d’une écriture de mouvement, énergique et courageuse, où la spontanéité de l’indignation se conjugue à une composition sonore portée à son paroxysme. Une œuvre sans concession, aussi libératrice qu’impérative. » Les Brigitinnes, BE

© Laurent Philippe
Entretien avec Philippe Verrièle, « Danser Canal Historique »
Entretien, propos recueillis par Wilson Le Personnic
Je veux aller en avant
Mais je suis ramenée en arrière
Je suis les forces de l’ordre et les forces de désordre.
Je dis «non»
Je suis les papes hurlants
Je m’appuie sur les genoux
Je me retrousse les manches
J’ai des poings
Je menace
J’ai du gaz lacrymo dans les yeux et mes yeux pleurent
Le ciel est bleu et jaune
Je perds l’équilibre
Je suis un corps inerte, je suis tirée par les aisselles et mes bras sont ballants
Mes mains se touchent. Mes mains sont celles du partisan et de sa femme
Mes mains appartiennent maintenant à tous ceux qui se rattrapent et ceux qui sont obligés de se lâcher
Je marche pour vous dire quelque chose, je tombe d’un coup à la poitrine, j’expire
J’attrape l’expiration de ma bouche et je la dépose avec la main ouverte, c’est un cadeau
Le son ne sort pas de ma bouche J’essaie de m’échapper par un trou
Mes jambes s’emmêlent
Je suis animal à quatre pattes
Je suis La liberté guidant le peuple mais moi j’avance, je ne pose pas
Je tombe
Je fais écho avec le corps, les petites parties de mon corps disent uhodi
Je vais prier
Non, je vais applaudir
Je compte et je dis « toi, toi et toi, vous allez partir en Sibérie, par exemple»
Mon pouce dit « super »
Je suis super, j’ai bien exécuté les commandes
Je suis un clown
Je fais de la danse macabre
Je chante une chanson à plusieurs voix
Je tourne en rond et je tombe
Je tombe
Le temps m’avale je dois retourner en arrière dans le temps
Vilma Pitrinaite

© Antoine Billet

© Jérôme van Belle – WBI
Idée et chorégraphie Vilma Pitrinaitė
Performance Vilma Pitrinaitė en alternance avec Marija Ivaškevičiūtė
Son Elias Durnez
Scénographie et costumes: Elvita Brazdylytė
Lumière Florian Gaillochon
Dramaturgie Pascale Gigon
Production : WE compagnie ASBL avec le soutien de : ILES/Artist Project
Coproduction : Les Brigittines, Conseil pour la Culture de Lituanie
Avec le soutien de : Fédération Wallonie- Bruxelles – Service de la Danse, Wallonie-Bruxelles International, Charleroi danse — Centre Chorégraphique Wallonie Bruxelles, Institut pour la Culture de Lituanie, Centre d’Information de Danse, Théâtre Kauno Kamerinis, Centre Culturel Jacques Franck, Garage 29, BUDA Kortrijk, Studio Le Labeur – Dame de Pic/Cie Karine Pon- ties, PDSW Pavilion Dance South West, projet TRIBUNE/ Kaunas-Luxembourg capitale européenne, TROIS C-L – Centre de Création Chorégraphique luxembourgeois
Vilma Pitrinaitė est accompagnée par Grand Studio
Captation vidéo, Les Brigittines (BE) 29/03/2025 @Zoltan Molnar
Calendrier
02 Février – 31 Mars 2024 – Ateliers Sahm, Brazzaville, Congo-Brazzaville – résidence et présentation d’étape de travail
24 – 28 2024 Juin Atelier de Paris CDCN, Paris (FR) – résidence de création
19 – 31 Aout 2024 – Grand Studio, Bruxelles (BE) – résidence de création
13 – 16 Septembre 2024 – Atelier de Paris CDCN, Paris (FR) – résidence de création
17, 18 Septembre 2024 – Atelier de Paris CDCN, Paris (FR) – présentations
5, 6 Octobre 2024 – Festival Actoral, Marseille (FR) – présentations
10,11 Octobre 2024 – Théâtre Alibi, Bastia, Corse (FR) – présentations
17 – 21 Fevrier 2025 – Les Brigittines, Bruxelles (BE) – résidence de création, ateliers
27 – 29 Mars 2025 – Les Brigittines, Bruxelles (BE) – présentations
01 – 09 Août 2025 – Dance Base, Edinburgh Fringe Festival (UK) – présentations
📌 Préinscription ici : Formulaire Google
Prix de cession: 3000 Euros TTC en dehors de frais des voyages ( Bruxelles et Vilnius), hébergements et per diems pour 4 personnes
Teasers Dinel Desouza
